Retour du service militaire : des jeunes se disent impatients de s’engager

Retour du service militaire : des jeunes se disent impatients de s’engager

Le service militaire est de retour au Burkina Faso. Des jeunes de 18 à 30 ans, appelés du Service national de développement, subiront une formation civique et militaire trois mois durant. Le gouvernement avance le “contexte du défi du patriotisme et du civisme” pour la reconduction de cette mesure initiée sous la révolution. Des jeunes burkinabè se disent d’ores et déjà prêts à s’engager pour raviver leur amour pour la patrie.

Le rêve de Wendémi Vincent Tougma a toujours été de devenir gendarme. Mais comme il le dit, « le sort en a décidé autrement ». Après ses études en Droit, il est reçu au concours de greffier. En formation à Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), le jeune homme ne cache pas sa joie quand il apprend le retour du service militaire au Burkina. « J’aurai à faire un peu ce que j’avais rêvé de faire depuis. C’est le bienvenu pour moi », dit-il. En plus de son amour pour la tenue militaire, il explique que le contexte national commandait la reconduction de la mesure.

« Dans le contexte actuel, on ne peut plus compter seulement sur l’armée. Chacun doit avoir des b.a.-ba, pour pouvoir se défendre en attendant que les secours arrivent », dit-il. Drissa Yié, est aussi élève à l’ENAM. Pour lui également le service militaire obligatoire est une nécessité pour les jeunes. « La mesure est la bienvenue, au regard du nombre croissant d’actes inciviques. Cela pourrait amener les jeunes à bien réfléchir sur leurs devoirs. Selon moi, le service militaire va apprendre aux jeunes qu’ils n’ont pas seulement que des droits. Vous savez que depuis un certain temps, les gens n’ont plus de respect pour les symboles de la nation et c’est très dangereux », explique le jeune apprenant pour qui, l’Etat n’a pas d’avenir quand les jeunes qui doivent être la relève ne respectent pas les institutions.

Drissa Yé ne dissocie pas le défi sécuritaire actuel avec la reconduction du service militaire. Les jeunes, frange la plus importante de la population burkinabè, seront plus utiles dans la lutte contre l’insécurité s’ils sont dotés d’un minimum de savoir pour se défendre.
Mamoudou Zoungrana, chargé de gestion à la radiodiffusion télévision du Burkina a fait son service militaire pendant la révolution. C’est avec enthousiasme qu’il se plait à raconter cette formation qui a forgé sa personnalité et l’amour pour son pays. L’amour pour les couleurs nationales, l’envie de se battre pour son pays, ce sont des valeurs nées de sa formation militaire et qui selon lui, ne l’ont jamais quitté.

 

« Quand tu vois le drapeau et que tu es sous le drapeau, quand on sonne l’hymne nationale le matin, vous chantez ensemble, tu as la chair de poule. Ton sang boue, tu es jeune, tu es prêt pour tout (…) Je peux démonter une arme, monter, nettoyer, la charger. On m’a dit rien ne passe avant le pays », raconte-t-il, les yeux écarquillés. Aux portes de la retraite, il dit avoir été de ceux qui se sont plaints quand le service militaire a été supprimé. « Mieux vaut tard que jamais. Si on commence, il ne faudra pas arrêter. Il faut trouver la formule pour que tous les jeunes qui ont 18 ans puissent le faire. Ceux qui ont un diplôme ou pas ».

C’est en conseil des ministres du 29 janvier 2021 que la réforme du service national pour le développement qui comprend une formation militaire de 90 jours a été adoptée. Le ministre de la communication Ousséni Tamboura a présenté cela comme un moyen de lutte contre l’incivisme et la promotion du patriotisme.