A Houndé, dans la province du Tuy, la propreté du centre-ville cache une autre réalité. Les ordures collectées dans les quartiers et au grand marché sont déversées à ciel ouvert, à l’entrée de la commune. Faute de centre de traitement, la périphérie se transforme peu à peu en dépotoir géant.
Armé de son râteau à trois dents, Idrissa Sawadogo, la quarantaine, ramasse les déchets dans les moindres recoins du grand marché. Au guidon de son tricycle, il fait face à des poubelles qui débordent. « Les sachets, les feuilles les restes de repas parfois on trouve des selles dans les ordures. Quand on finit de ramasser on part jeter dans la décharge et ainsi de suite », explique Idrissa Sawadogo.
Depuis 2023, Issaka assure la collecte pour la commune. Pour financer le service, une contribution est demandée : 100 francs CFA par semaine pour les commerçants et un abonnement mensuel de 1 500 à 2 500 francs CFA pour les familles. L’initiative est saluée par les habitants. Mais elle se heurte à un obstacle majeur : l’absence d’un centre de traitement adapté.
La fouille dans les poubelles
Les déchets sont transportés vers un site provisoire, en attendant une solution durable. « Nous venons décharger à la décharge non contrôlée. En principe ça devrait être déchargé dans un centre de tri mais comme les infrastructures ne sont pas encore installé raison pour laquelle après le marché on se retrouve ici. On a un problème de site mais on a les équipements. Le site actuel n’est pas adapté, donc on est en train de négocié un autre site. La mairie nous a donné un espace vert en attendant qu’on puisse installer nos matériels et travailler », avoue Issaka.
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Dans cette décharge sauvage, les tas d’ordures grossissent avec la croissance de la population, attirée notamment par l’activité minière dans la région. Sur le site, des femmes, des jeunes filles et des enfants trient les déchets sans protection. Ils cherchent des objets recyclables à revendre. Awa Tamboura, élève en classe de 6e, vient y gagner un peu d’argent de poche : « ce matin je ramasse des sachets pour aller vendre avoir de l’agent. Les sachets 1kg à 50f et le fer 1kg à 100f. Souvent nous rencontrons des cacas des ordures bizarres, des fois les ordures nous rende malades. »
Les quantités récupérées restent faibles par rapport au volume total de déchets, qui continue de s’accumuler dans la nature. A la mairie, le technicien communal eau et assainissement, Guira Abdoul Rahim, évoque les chiffres explique que la commune de Houndé produit en moyenne 1,26 tonnes d’ordures par ménages par an. Ce qui est énorme pour une commune comme Houdndé.
Plusieurs difficultés rencontrées
Il reconnaît les difficultés liées à la mise en place d’une véritable décharge contrôlée. « La commune de Houndé ne dispose pas d’un centre de traitement et de valorisation de déchet nous sommes dans la démarche, nous avons déjà identifié un terrain mais ce n’est pas encore aboutie », reconnait Abdoul Rahim Guira.
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La mairie a toutefois initié un projet de formation des femmes à la valorisation des déchets pour pallier quelque peu au problème. En l’absence d’un centre d’enfouissement technique moderne, les décharges sauvages se multiplient à l’entrée de la ville dans la ville.
En attendant des infrastructures adaptées, les autorités encouragent les populations à pratiquer le tri à la source, afin de réduire la quantité de déchets envoyés à la décharge et limiter les impacts sur l’environnement et la santé.
Danielle Coulibaly
