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De jeunes scolaires cirent pour payer leur scolarité

Burkina: En attendant de devenir gendarme, cirer des chaussures pour payer sa scolarité

Des vacances studieuses pour des élèves qui veulent continuer leurs études. La trêve n’est pas synonyme de répit pour Kassoum et Joseph deux élèves. Ils ont quitté respectivement Boussouma et Garango pour travailler à Ouagadougou, juste le temps des vacances. Un exode rural saisonnier pendant lequel il faut s’investir pour avoir l’argent de sa scolarité et de ses fournitures.

Assis sur son petit tabouret, l’air concentré, Joseph Yamyoada s’attèle à réparer la chaussure d’un client. Élève en classe de 3e, le jeune garçon travaille comme cordonnier-cireur le temps des vacances scolaire. Âgé de 17 ans, Joseph a quitté son village Garango pour la capitale Ouagadougou il y’a quelques jours.

Fils de cultivateur, il précise que ses parents n’ont pas de moyens pour le maintenir à l’école. Le garçon a donc eu l’idée de venir à Ouagadougou pour préparer la prochaine année scolaire. Mais le jeune homme ne semble pas encore rodé dans la cordonnerie.

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Joseph, grosse aiguille avec un fil blanc essaie difficilement de transperce la chaussure d’un coté à l’autre. Il veut recoudre la semelle. Cela fait à peine 2 semaines qu’il s’essaie dans la cordonnerie. « J’ai emprunté 5000f avec mes collègues cireurs qui m’ont devancé dans le métier pour investir. Une somme que j’ai même déjà remboursée. Chaque jour je peux empocher 1500 à 3000. Parfois quand il pleut, on peut se retrouver avec 500f ou même 300 », explique le jeune débrouilleur.

Futurs gendarme ou avocat ?

Dans la capitale burkinabè, Joseph partage une maisonnette avec 5 autres jeunes cireurs au quartier San Yiri. Il parcourt plusieurs kilomètres par jour pour chercher des clients. En ligne de mire malgré les difficultés, travailler à poursuivre ses études dans le but de devenir un gendarme.

« Il n’y a même pas l’eau pour se laver à la maison. C’est vraiment difficile. Le plus souvent c’est avec les médicaments de la rue qu’on se soigne quand on tombe malade. J’espère que d’ici la fin des vacances, j’aurai au moins 50 000 pour retourner au village. J’ai même cultivé avant de venir », soupire le natif de Garango.

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Parmi les élèves qui viennent travailler à Ouagadougou pour financer leurs études, Joseph n’est pas seul. Kassoum Salbré est également dans cette situation. Venu de Boussouma dans la région du Centre-Nord, il se promène à longueur de journée, sac au dos et petit tabouret en main. Lui également est cireur de chaussure. Bien plus expérimenté que Joseph, le natif de Boussouma a 19 ans.

« J’ai commencé à cirer il y a trois ans. A chaque vacance je viens pour chercher mes frais de scolarités. Je peux avoir 3500 à 4000, je pense que c’est intéressant. Dans le mois, je peux encaisser 50000 et je fais 4 mois à Ouaga », explique celui qui est issu d’une famille pauvre.

Kassoum dit être convaincu que le travail est la seule alternative pour lui. Tout comme Joseph, Kassoum rêve aussi de ranger un jour sa brosse à cirer, et de revêtir la robe d’avocat.

 

Studio Yafa · 'J’espère avoir au moins 50 000F CFA, d'ici la fin des vacances'(MiniMag 26/8/21)
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