Élections 2020 au Burkina

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Les invités de Y'a débat recommande une étude sur le désintérêt des jeunes à la politique au Burkina.

Elections couplées : « Les acteurs politiques n’attendent que les résultats pour parler de fraude »

Les irrégularités, les faits de fraude et de corruption, le faible taux de participation des jeunes aux élections… Les invités de l’émission Ya’ Débat de ce vendredi 27, estiment que ces différents manquements ont entaché le scrutin du 22 novembre.

Les irrégularités constatées lors des élections couplées du 22 novembre sont imputables autant à la majorité qu’à l’opposition politique burkinabè affirme Me Angélain Poda, porte-parole du mouvement Servir et non se servir (SENS). L’invité de l’émission Ya’ Débat de ce vendredi 27 novembre estime que des manquements ont été enregistrés dès l’enrôlement biométrique entamé en début 2020. « Les acteurs politiques attendent les résultats pour parler de fraude. Je dirais que l’irrégularité a commencé depuis l’enrôlement et même l’opposition était concernée par cette irrégularité. Quand vous convoyez des gens pour aller s’enrôler dans une localité où ils ne résident pas, c’est une irrégularité », explique Me Poda.


Le Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac) a de son côté, fait le constat de la  corruption électorale au cours de la campagne. L’organe de lutte contre la corruption a d’ailleurs publié un communiqué pour attirer l’attention des acteurs politiques et des électeurs. Mais, déplore le secrétaire exécutif du REN-LAC, Sagado Nacanabo, « Si la politique devient la chose des riches, ce n’est pas une démocratie qu’on va construire mais plutôt une ploutocratie, où c’est ceux qui ont l’argent qui dirigent les affaires de la cité et qui sont élus »

Pour le journaliste Paul Miki Rouamba, les responsabilités de ''cette fraude électorale’’ n’ont pas été situées durant tout le processus. « S’il y avait eu des plaintes et des procès en justice on n’en serait pas là aujourd’hui parce que cela allait dissuader ceux qui tenteraient de frauder ou de corrompre », précise-t-il. « Il faut sanctionner », insiste Me Angelain Poda sinon « à quoi sert-il de voter les lois ? »

 

Faible participation des jeunes aux élections


50,79% des électeurs ont pris part à ces élections ; un taux de participation en baisse par rapport à celui de 2015, établi à 60%. Pour le porte-porte du mouvement SENS, cette baisse est due à un désintérêt de la jeunesse vis-à-vis de la politique. « Les jeunes de 18 à 25 ans ne votent pas. Quel que soit ce que vous allez faire, ils ne votent pas », déplore Me Poda. Un avis partagé par le journaliste Paul Miki Rouamba. Il dit avoir initié un sondage pour savoir si les Burkinabè iront voter ou pas. « Beaucoup de jeunes que nous avons sondés ont affirmé qu’ils n’iront pas voter parce qu’ils ne sont pas politiques. Ils ont aussi mentionné la corruption électorale », précise le rédacteur en chef de la radio Ouaga FM.


L’indifférence des jeunes à la politique mais aussi des femmes est étayée par Sagado Nacanabo, avec des chiffres. Dans un bureau de vote, il dit avoir constaté wue sur 171 votants, 99 étaient des hommes et 72 des femmes. Les trois invités aux débats suggère une étude sérieuse sur le désintérêt des jeunes à la politique.

 

L’intégralité de l’émission est à suivre ce samedi 28 novembre à partir de 10h sur notre réseau de radios partenaires.

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