Élections 2020 au Burkina

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Certains jeunes du CDP sont nostalgiques du président Compaoré tandis que d'autres ne le sont pas

Meeting du CDP à Ouaga : Blaise Compaoré dans les esprits

Depuis le début de la campagne électorale, le retour de Blaise Compaoré est évoqué avec récurrence par plusieurs candidats. Au sein de son ancien parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), des jeunes qui ont aussi participé aux manifestations pour son départ disent éprouver de la nostalgie pour l’ex président. Pour d’autres, son retour n’est pas une préoccupation.

Perché sur un arbre, Ibrahim, étudiant en littératures anglaises à l’université Joseph Ki Zerbo, a les yeux rivés sur l’estrade de la place de nation où le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) Eddie Komboïgo livre son programme politique. Le jeune homme est plein d’espoir, lui qui dit avoir manifesté pour le départ de Blaise Compaoré en 2014. Le jeune homme dit le regretter d’où sa présence à ce meeting.

« Nous avions manifesté pour réclamer le départ de Blaise Compaoré. Aujourd’hui c’est notre regret, on regrette beaucoup. Puisque après lui il y a eu la transition, rien n’a changé. Après la transition il y’a eu le pouvoir du MPP, jusque-là, rien de bon. On se cherche toujours, l’insécurité nous menace à 100% », affirme avec amertume le jeune homme. Il dit espérer qu’avec Eddie Komboïgo, le fondateur du parti, exilé en Côte d’Ivoire, rentrera au pays pour apporter sa contribution à la résolution de la crise sécuritaire.  « On demande encore pardon à notre papa Blaise Compaoré. On veut la paix au pays et on souhaite son retour », ajoute nostalgique Ibrahim. Pour certains, la présence à ce meeting n’a rien à voir avec le retour de Blaise Compaoré.

« Les jeunes ont leur place au CDP »

Par contre, Désiré, étudiant en troisième année de géographie bien que militant du parti dit ne pas regretter le départ de Blaise Compaoré. En 2014, il souhaitait un changement à la tête du parti d’où sa participation aux manifestations suite à l’insurrection populaire. « On avait l’impression que ceux qui disaient que l’avenir c’est la jeunesse refusaient de mettre les jeunes en action. Ce sont les vieux qui étaient toujours au-devant des choses. Et nous en tant que jeunes on se sentait un peu oublié. Donc c’est ce qui a causé les évènements des 30 et 31 Octobre. Mais présentement grâce à Eddie Komboïgo, en fonction de son programme, et la structuration de son bureau, les jeunes ont leur place au CDP », explique l’air visiblement convaincu Désiré.

Elève en classe de première et présent à ce meeting, Razack Gouba va voter pour la première fois. En y participant, son objectif est d’écouter tous les candidats à l’élection présidentielle pour faire son choix. Si le retour de Blaise Compaoré est évoqué avec récurrence par chaque candidat, Razack Gouba n’en fait pas une préoccupation. « Un président qui a passé 27 ans au pouvoir dans un  pays dit démocratique ce n’est pas la mer à boire. Il était temps qu’il parte. Au grand jamais je ne regretterai son départ », estime-t-il. Lors des élections présidentielle et législatives de 2015, le CDP n’a présenté aucun candidat en vertu d’une loi qui excluait tous ceux qui avaient soutenu la modification de l’article 37 de la constitution du Burkina Faso en 2014.

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