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Les invités regrettent l'absence d'une politique nationale de promotion de la musique burkinabè à l'extérieur

Culture : « Le Burkina Faso n’est pas une nation de musique »

Les freins à l'exportation de la musique burkinabè sont nombreuses selon des acteurs de ce domaine. Dans l’émission Ya’Débat du Studio Yafa, le vendredi 16 juillet 2021, les invités ont regretté l'absence d'une politique nationale de valorisation et d'exportations de la musique burkinabè.

Mamadou Armel Konkobo dit Art Melody est l’une des exceptions parmi les artistes burkinabè : Si certains éprouvent des difficultés à exporter leur musique ce rappeur en langues nationales dit ne pas connaître ce problème. « Je suis satisfait de comment ma musique marche à l’extérieur. J’ai voyagé jusqu’en Ouganda, au Rwanda, j’ai joué plusieurs fois au Ghana. L’album que j’ai sorti a beaucoup marché mais avec la Covid-19, j’ai perdu 50 dates de concert », témoigne avec fierté Art Melody. Il dit bénéficier d’une couverture médiatique au niveau international. Ces œuvres sont toutefois peu connues au Burkina Faso.  Si beaucoup d'artistes ont du mal à exporter, cela est dû, de son point de vue, un problème de qualité. « Il faut réaliser des œuvres de qualité. On ne doit pas être dans le mimétisme », plaide Art Melody. 

 Selon Malick Saga, journaliste culturel, les Burkinabè qui exportent leur musique ne sont pas connus dans leur pays. « Il y a Mamadou Diabaté (ndlr. Lauréat du Grammy award) qui tourne beaucoup à Vienne en Autriche. On se focalise sur une catégorie de musique donnée. Il y a une tendance plus urbaine qui ne peut pas s’exporter », constate-t-il avec regret. Malick déplore, toutefois, le manque de formation de certains artistes populaires au Burkina Faso qui n'arrivent pas à exporter leur musique. 

Absence d'identité musicale

Pour lui, ces artistes devraient s’inspirer de la musique du terroir pour se distinguer au plan international. En plus, Malick Saga dénonce l’absence d’une politique culturelle : « La musique n’est pas une priorité. Si la musique était une priorité dans ce pays comme ailleurs, on aurait eu un traitement plus sérieux que ce qu’on a aujourd’hui ».

A cela s’ajoute l’inexistence d’une identité musicale propre au Burkina Faso selon Maurice Zoungrana dit Kenzo, manageur d’artistes : « Aujourd’hui, avec la prolifération des chaînes, tu fais du warba, le widga, tes enfants suivent des musiques d’ambiances sur d’autres chaînes. Pour qu’on parle de musique burkinabè à l’extérieur, il faut qu’on œuvre à ce que le Burkina Faso soit une nation de musique. Au niveau de la CEDEAO, s'il y a un séminaire si on veut une liste de cinq artistes, il est difficile qu’un Burkinabè rentre parce qu’on n’est pas une nation de musique ». Néanmoins, il considère qu'un artiste burkinabè doit d'abord une assiste dans son pays avant d'envisager l'exportation de sa musique. Il estime aussi que les médias burkinabè ne font pas assez la promotion des artistes burkinabè.

Pour que la musique burkinabè s’exporte suffisamment, les invités de l’émission Ya’ Débat propose la mise en place d’une politique culturelle d’exportation de la musique burkinabè. Cela doit se faire en s’inspirant de l’expérience de certains pays comme le Maroc et la Côte d’Ivoire.

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