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Les avis des Burkinabè divergent sur le coup d'Etat en Guinée

Coup d’état en Guinée : « Une leçon pour les chefs d’Etats africains »

Le coup d’Etat en Guinée fait réagir de jeunes burkinabè. Certains saluent la destitution de l’ancien chef de l’Etat Alpha Condé. Pour d’autres, par contre, les militaires doivent s’écarter de la politique.

Au jardin de l’Unité de formation et de recherche en lettres arts et communication de l’Université de Ouagadougou, trois étudiants, assis échangent. Lorsque le sujet du Coup d’Etat du samedi 5 septembre 2021 en Guinée, la discussion s’anime. « On en parlait tout à l’heure », lance Rasmané, étudiant en histoire.
« Les dirigeants africains ne tire pas leçon du passé. Il n’a pas su partir au bon moment, mais il quitte le pouvoir de la plus mauvaise des manières », ajoute Rasmané. Pour lui, la ferveur populaire constatée à travers les réseaux sociaux lors de ce coup d’Etat légitime ce coup de force. « C’est comme le coup d’Etat de Diendéré en 2015. Les Burkinabè se sont opposés parce que ce n’était pas opportun. Mais le cas de la Guinée est différent », rappelle l’étudiant en histoire.

Les militaires dans les casernes

Par contre, son camarade Sylvain, craint une habitude avec les coups d’Etat. « Il suffit désormais qu’une armée ne soit pas contente d’une décision de son président ou de la politique en place pour qu’elle prenne le pouvoir. Je pense que la place des militaires est dans les casernes », s’indigne Sylvain. Il cite l’exemple du Mali : « Les militaires ont fait un coup d’Etat contre Ibrahim Boubacar Keita. Cinq mois après, ils ont fait un autre coup d’Etat contre l’autre président (Ndlr. Moctar Ouane). Ce n’est pas normal ».

La culture de la démission

Ouvrier sur un chantier de construction au quartier Patte d’oie de Ouagadougou Youssouf Nikièma 20 ans, ne partage pas cet avis : « Ce n’est pas normal lorsqu’on dit qu’on est en démocratie. Les militaires ne doivent pas se mêler de la politique ». Mais, le jeune homme reconnaît la part de responsabilité de l’ancien chef d’Etat guinéen.

Youssouf Ouédraogo, vendeur ambulant dit avoir suivi cet évènement sur les réseaux sociaux. « C’est une leçon pour les chefs d’Etat africains. Cela montre que lorsque tu fais trois mandats et que c’est fini, tu dois céder la place aux autres (…) Quand vous gérez le pouvoir et que ça ne va pas, il faut avoir le courage de démissionner », conseille-t-il. Le samedi 5 septembre 2021, une junte militaire conduite par Mamady Doumbouya a renversé le président Alpha Condé en 2020 après une élection controversée.

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