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Ange Didie Huon alias Arafat DJ est décedé lundi 12 août, à 33 ans.

DJ Arafat : des jeunes burkinabè entre tristesse et indifférence

Au Burkina Faso, la mort de l'artiste DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Huon afflige de nombreux jeunes. Certains estiment que la disparition de ce monument de la musique coupé-décalé est une perte pour la jeunesse africaine. D’autres, par contre, affirment qu'il n'a pas été un bon exemple pour les jeunes.
 
‘’DJ Arafat était un bosseur, mais c’est son côté bad-boy qui a malheureusement déteint sur une jeunesse ignorante’’,  a d’entrée de jeu déploré David Sanou, agent commercial. L’artiste aux multiples surnoms -commandant Zabra,  Zeus, le Yôrobo, le Sao Tao, etc- est décédé lundi 12 août des suites d’un accident de moto à l'âge de 33 ans. Selon plusieurs témoignages Dj Arafat roulait sans casque. Ce qui  relève  de l'incivisme selon Afiz, jeune comptable. Il ajoute avec dédain : ‘’ Sur Arafat, je ne sais quoi dire. Je n’en sais vraiment rien. Je vais même vous décevoir car je n’avais aucune estime pour ce jeune qui a passé toute sa vie à prendre trop de risques inutiles, à avoir du mépris et peu de considération pour ses  aînés et même pour ses géniteurs’’.

Alpha Ouattara ne partage pas l’avis de Afiz. Pour lui, Arafat a souffert tout seul pour construire sa vie. ‘’ Il était un vrai guerrier qui n'a jamais abandonné. D'aucuns diront, certes,  qu'il est arrogant, impoli, délinquant mais personne n'est parfait  sur cette terre’’, estime Alpha. Il reste convaincu qu’Ange Didier Huon est un modèle de par sa lutte contre les péripéties de la vie pour être ce qu'il fût. D’ailleurs dit-il : ‘’ La rue n'a jamais bien éduqué en caractère et c’est ce que Arafat a vécu’’.
 

Arafat restera un ‘’dieu’’ du coupé décalé

 
Pour Moussa, le roi du coupé décalé a plutôt eu une influence négative sur une partie de la jeunesse africaine de par son style, ses habillements, etc. Dans le même sens, Moussa estime que l’artiste était impoli. Dj Arafat peut cependant être considéré comme un modèle de réussite pour des jeunes en difficultés qui ne bénéficient pas de l’accompagnement de leurs géniteurs et qui cherchent des repères. 

‘’ Il était un tout à la fois. Il a travaillé  pour être le premier en tout. Il a révolutionné la musique, la danse, le style. Tous les artistes du coupé-décalé vont à son rythme aujourd'hui’’, affirme Daouda Zerbo, étudiant.  Et à Dieudonné Zoungrana, jeune médecin d’emboucher la même trompette : ‘’ On a beau ne pas aimer sa musique comme moi, mais on doit reconnaître le caractère et la singularité de l’homme. C'était véritablement un modèle et c'est plus qu’un artiste. Sa particularité est qu’il transcendait les règles élémentaires musicales et d'un savoir vivre en société’’. Arafat, selon plusieurs jeunes, faisait à lui tout seul un autre modèle, en ce sens que beaucoup s’identifiaient à cet artiste ivoirien mort tragiquement  à la fleur de l'âge.
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