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A Djibo, la population est dans la psychose après l'assassinat du député-maire.

Djibo : climat de peur au lendemain de l’assassinat du député-maire

L’assassinat du maire et député de la province du Soum a plongé la population dans le désarroi. Oumarou Dicko a été abattu avec deux de ses compagnons le dimanche 3 novembre 2019 alors qu’il se rendait à Ouagadougou.

L’émotion est vive à Djibo ce lundi 4 novembre 2019: tristesse et désolation dominent au lendemain de l’assassinat du maire de la ville et député de la province du Soum Oumarou Dicko. Cet élu est tombé dans un guet-apens avec trois de ses compagnons orchestré par des individus armés non identifiés, selon un communiqué du gouverneur de la région du Sahel.

C’est la première fois que les terroristes supposés abattent une autorité de ce rang. Oumarou Dicko était député et maire sous la bannière du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti d’opposition.
Hamadou, habitant de la localité joint au téléphone ne se remet pas toujours de cette annonce. «Tout est à l’arrêt. Je vous assure qu’en ce moment, personne n’a envie de se prononcer sur ce sujet. C’est la déception totale », assure Hamadou. La plupart des commerces et les services ont fermé sauf les centres de santé poursuit le jeune homme.

« Nous avons peur pour Djibo »

« C’est l’une des rares autorités qui avait maintenu les relations avec la population. Il faisait des va-et-vient fréquent entre Djibo et Ouagadougou. Il a même participé à une cérémonie religieuse musulmane non loin du grand marché, juste avant de prendre la route. Comprenez donc à quel point les gens sont sous le choc », résume Hamadou. Ces propos sont corroborés par Tamboura, également ressortissant de la ville de Djibo : « même ceux qui n’étaient pas de son camp sont dans le même état d’esprit actuellement ».

A Ouagadougou, l’émotion est la même. Hassan Dicko, point focal d’une partie des ressortissants, ne sait pas à quel saint se vouer. « C’est la tristesse depuis hier, je n’arrive même à dormir. Nous ne savons pas que faire et nous avons désormais peur pour Djibo avec ce qui est arrivé», laisse-t-il entendre.

Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré estime, dans un communiqué, que cet assassinat vise à « détruire les fondements de paix, et de cohésion sociale » au Burkina Faso. Il assure que le pays sortira victorieux de cette guerre imposée: « je reste convaincu que notre peuple, en dépit de ces terribles épreuves, triomphera de l’hydre terroriste ». Le parti du député-maire, Oumarou Dicko , le CDP a demandé aux militants d’observer un deuil de 72 heures.
 
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