Elections 2020 : les propos de Alassane Sankadé suscitent la polémique
Alassane Bala Sakandé invite néanmoins les acteurs politique à se préparer pour les prochaines élections.

Elections 2020 : les propos de Alassane Sankadé suscitent la polémique

Le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso a laissé entrevoir la possibilité d’un report des élections couplée présidentielle et législatives de 2020 si la situation sécuritaire continuait de se dégrader. Cette sortie n’a pas laissé indifférent quelques jeunes.

 

La déclaration du président de l’Assemblée nationale du Burkina, Alassane Bala Sakandé, lors d’une rencontre des forces vives de la région Centre-ouest n’est pas passée inaperçue. ‘’ Si la situation sécuritaire continue de se dégrader ; au nom de Dieu, il n’y aura pas de vote’’, a-t-il déclaré suscitant de nombreuses réactions notamment des jeunes.

Lamine Sanon, jeune bobolais estime que le parti au pouvoir recherche juste un prétexte pour repousser les élections. ‘’Le Mali voisin a organisé des élections dans des conditions sécuritaires plus difficiles. Comparaison n’est pas raison mais si ce pays a pu tenir les élections dans des contextes d’insécurité, ce n’est pas au Burkina qu’on ne peut pas le faire’’, soutient-il.

Simon lui trouve que les propos du président de l’Assemblée nationale sonne comme un ballon d’essai pour recueillir les opinions. Pour lui le MPP – parti au pouvoir- a une double communication et le président Bala Sakandé essaie de faire plaisir à toutes les opinions surtout celles dominantes en ce moment.

‘’Si cette affirmation semble sonné comme une évidence il faut cependant tenir compte de la qualité de l’auteur. Ces propos auraient été tenus par un citoyen ordinaire qu’ils auraient pu être interprétés différemment’’, fait remarquer Nokwendé Kéré, juriste. Pour lui ces propos sont à analyser sous plusieurs angles. ‘’ Est-ce que les autorités actuelles voudraient profiter de la situation sécuritaire pour repousser les élections » se demande le jeune homme.

Diane Zongo, secrétaire, partage la position du président du Parlement. Le gouvernement dit-elle gagnerait à prioriser la stabilisation de la paix dans le pays que la conquête du pouvoir.

A l’issue du dialogue politique tenu en juillet, la majorité et l’opposition se sont accordées sur la révision à minima du code électoral et le maintien du calendrier électoral, avec des élections couplées présidentielle et législatives en 2020 de même que des élections municipales en 2021.

Le Burkina fait face à des attaques récurrentes des groupes jihadistes dans le Nord et dans l’Est. Ces attaques ont fait près de 700 morts depuis début 2015 et environ 500.000 déplacés internes et réfugiés, selon l’ONU.