Des habitants de Dédougou amoureux de la pétanque jouaient chacun de son côté. Mais entre temps ils ont décidé de se retrouver dans un même cadre. Mieux, ils ont élargi à d’autres types de jeux. Ainsi nait le club de loisir Hankuy.
Secteur 5 de Dédougou. 19h30. Une dame faire frire des beignets qu’elle vend. Un kiosque sert du café. Mais cela ne semble pas être la raison du regroupement de tant de monde. Environ 40, sinon 50. Des motos sont parquées çà et là dans cet espace appartenant à l’école Hankuy qui donne son nom au club. Sous la lumière de lampadaires, des jeunes, mais aussi des personnes du troisième âge s’adonnent à des jeux. Pétanque, damier, ludo, cartes. Ce sont autant de jeux de société qui mobilisent ces personnes tous les jours. « A partir de 15h30 nous sommes là. Mais les jeux de société comme le damier, les joueurs sont là souvent dès midi. Ils jouent jusqu’à ce que nous venions les retrouver. C’est la pétanque le dernier jeu à commencer », explique le secrétaire général adjoint du club de loisirs Hankuy, Iréné Bayala.
A écouter aussi: La passion des amateurs de pétanque de Tougan
Le retraité de la soixantaine, amateur de la pétanque, explique aussi qu’avant les joueurs étaient sur place jusqu’à 23h. « Mais le logeur qui garde le matériel est obligé d’attendre que tout le matériel soit rangé avant de rentrer dormir. On a vu que c’était exagéré. On a demandé aux jeunes d’arrêter au plus tard à 22h », confie-t-il.

Aussi, Iréné fait comprendre que le club de loisirs Hankuy reçoit des membres sans distinction. Des jeunes, des retraités, des femmes sont membres. « Il n’y a pas de tranche d’âge. J’ai plus de 60 ans, il y a des plus jeunes que moi et on joue tous ensemble. Tant que tu es solide pour participer tu es bienvenu. Il y a eu une femme qui jouait avec nous au ludo. Mais elle n’est plus à Dédougou », cite-t-il, les yeux rivés sur le jeu comme pour garder un pied dans le jeu.
La participation n’est pas gratuite
Il précise toutefois que l’inscription fait 500 F CFA et il y a une cotisation mensuelle qui fait 200 F CFA. A l’en croire, ces cotisations servent à différentes dépenses dont le soutien aux membres lors d’évènements sociaux.
Karim Ilia, joueur de pétanque depuis au moins 10 ans, charrie ses camarades de jeu. Il formait une équipe de trois avec deux autres et ils ont gagné. Mais au-delà des victoires, il soutient que ça fait du bien de venir chaque jour jouer. « Le jour que tu ne viens pas tu sens qu’il y a quelque chose qui manque. L’ambiance du groupe et tout, ce sont des choses qui te manquent même quand tu es en déplacement. Même quand tu travailles, quand l’heure arrive tu as envie de laisser le travail et aller retrouver les autres », avance-t-il les yeux pétillant de fierté.

Ce plaisir est partagé par Adama Sabo.Venant d’arriver, Adama Sabo négocie un temps de passage sur la table de jeu. Il avoue que « ça fait passer le temps et ça fait passer aussi les soucis ». Selon lui, lorsqu’il est avec les autres, ils rigolent, et cela détend l’atmosphère, ce qui permet d’oublier les petits soucis. « Souvent on manque les rendez-vous. Et quand tu as une activité quand l’heure de jouer arrive, tu es pressé de partir. Mais si l’activité là tu rapportes plus que le ludo, tu es obligé de rester », reconnait Adama.
A écouter aussi: Jeu de pétanque, la passion de Boureima Ouédraogo, ancien champion d’Afrique
Il s’en trouve parmi eux comme Daniel Traoré qui font le tour de tous les jeux, en une soirée. Lui, il y a des jeux qu’il maitrise et profite apprendre ce qu’il connait peu ou pas du tout. Au damier, il confie être un apprenant. « Quand les grands joueurs sont là, moi je ne fais qu’observer. Je joue à beaucoup de jeux. Tout de suite, j’étais à la pétanque, on m’a battu et je suis venu au damier ».
Le directeur régional en charge de la Jeunesse, Moussa Séré, affirme que le club de loisirs Hankuy regroupe de nombreux d’acteurs. Pour lui, cet espace d’expression est un cadre où des jeunes et des ainés s’occupent utilement. En plus, il voit cela comme une occasion de brassage entre les différentes générations favorisant le dialogue intergénérations. « ça permet de se retrouver dans le cadre idéal où il est possible d’allier les aspects ludique et éducatif. Ce genre de club a beaucoup plus une connotation sociale en réalité. Au-delà de l’aspect ludique, c’est un cadre de socialisation », conclue Moussa.
Boureima DEMBELE