La brigade de la police de l’hygiène publique à Koupéla passe à l’action
La brigade d'hygiène à Koupéla amène les riverains à rendre leur cadre de vie propre. Photo: Studio Yafa.

La brigade de la police de l’hygiène publique à Koupéla passe à l’action

À Koupéla, région du Nakambé, la lutte contre l’insalubrité prend une nouvelle dimension. Depuis le 3 septembre dernier, la commune s’est dotée d’une brigade de la police de l’hygiène publique, une unité dédiée à la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement. Après plusieurs semaines de sensibilisation, les agents sont désormais visibles sur le terrain, déterminés à faire de Koupéla une ville plus propre.

Il est 9 heures au secteur 3 de la ville. L’arrivée de la brigade, accompagnée d’éléments de la police nationale, attire l’attention des commerçants et des riverains. Ce matin-là, l’objectif est clair. Transformer un espace devenu dépotoir anarchique en un lieu propre. Pour ce faire, les habitants du quartier sont invités à participer eux-mêmes au nettoyage.

« Aucune ordure ne doit rester ici », lance un membre de la délégation, donnant le ton de l’opération. Munis de gants, de bavettes et de râteaux, les riverains s’activent. Les déchets sont ramassés, entassés puis chargés dans des tricycles mobilisés par la police de l’hygiène publique pour être évacués.

Pour Adama Belem, président de la brigade, cette approche participative est volontaire. « Nous avons jugé bon d’organiser une sortie commando en invitant les riverains à enlever eux-mêmes les déchets anarchiquement déposés. C’est notre première sortie terrain. Après ce site, nous allons cibler d’autres dépotoirs anarchiques et programmer d’autres sorties », explique-t-il. Selon lui, l’idée est de responsabiliser les populations afin qu’elles deviennent elles-mêmes actrices de la salubrité de leur cadre de vie.

Ecouter le reportage : Koupéla : la brigade d’hygiène passe de la sensibilisation à l’action

La brigade ne se limite pas à des actions ponctuelles. Elle entend inscrire son intervention dans la durée, avec une multiplication des descentes sur le terrain et, à terme, l’application de mesures plus contraignantes à l’encontre des contrevenants. « Il s’agit d’amener ceux qui déposent anarchiquement les déchets à changer de comportement et à se ranger pour la salubrité de notre commune », insiste Adama Belem.

Présent lors de l’opération, le premier vice-président de la délégation spéciale de Koupéla, François-Xavier Nikiéma, a salué l’initiative et lancé un appel fort à la population. « Si nous vivons dans un lieu propre, cela va nous permettre d’éviter certaines maladies. La propreté doit être un atout pour tout un chacun, que ce soit chez soi ou dans la ville », a-t-il déclaré. Pour l’autorité communale, l’hygiène n’est pas seulement une question d’esthétique, mais avant tout un enjeu de santé publique.

Sur le terrain, le message semble bien reçu. Théodore Yada, riverain du secteur, se dit conscient de sa responsabilité. « C’est un conseil pour nous tous. On va arranger notre coin. La prochaine fois que vous viendrez, vous verrez que c’est propre. S’il y a quelqu’un qui vient jeter ici, on va dénoncer », promet-il, convaincu que la propreté contribue à la santé et à l’embellissement de la ville.

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Même satisfaction chez Alice Balma, responsable d’une boutique de couture. « On a trouvé cette action très idéale. La propreté et l’hygiène sont très importantes pour notre santé. Chacun doit avoir une poubelle pour y jeter ses ordures », affirme-t-elle.

Cette opération marque la fin de la phase de sensibilisation de la brigade de la police de l’hygiène publique de Koupéla. Désormais, les agents annoncent une intensification des actions d’assainissement sur toute l’étendue de la commune. Un signal fort pour rappeler que la salubrité est une responsabilité collective, essentielle pour le bien-être de tous.

Studio Yafa