Inclusion des personnes vivant avec handicap, le combat  de Florentine Méda à Diébougou
Image d'une personne handicapée sur un fauteuil roulant. Photo d'illustration: freepik

Inclusion des personnes vivant avec handicap, le combat de Florentine Méda à Diébougou

A Diébougou, dans la région du Djôrô, Florentine Méda mène un combat pour faire entendre la voix des femmes vivant avec un handicap dans les espaces de décision. A travers l’Association des Femmes Handicapées de la Bougouriba qu’elle a fondée, Florentine aide d’autres femmes à croire en elles et à prendre leur place dans la société.

Tout est parti d’un conseil simple. Un conseil qu’elle n’a jamais oublié. « Ma mère m’a appris dès le bas âge à ne pas tendre la main à quelqu’un. Il faut toujours se battre. Donc moi j’ai toujours appris à me battre dès mon bas âge jusqu’à grandir », se souvient Florentine Méda. En effet, très jeune, Florentine a compris le sens de ces mots. Aujourd’hui âgée d’une quarantaine d’années, elle en a fait sa règle de vie.

Commerçante d’articles divers, elle décide il y a quelques années de créer une association qui regroupe des femmes handicapées de Diébougou et des environs. Ensemble, elles veulent faire bouger les lignes. Et les choses commencent à changer. Petit à petit, leurs voix portent. Les autorités écoutent. Des changements apparaissent dans la Bougouriba. « Beaucoup de choses ont changé au niveau de la Bougouriba. Au début, ce n’était pas comme ça. Mais maintenant, je pense que nos voix sont prises en compte. Moi-même, j’ai participé à des rencontres. J’ai parlé des rampes d’accès », explique-t-elle.

De nombreux acquis

Puis, un jour, son plaidoyer fini par porter fruit. Un jour, un responsable du service lui montre les rampes d’accès installés au profit des personnes vivant avec un handicap. « Même pour les choses concernant la construction des latrines. A force de parler de ça, les autorités sont allées construire des latrines pour nos membres à 10 kilomètres d’ici », se réjouit-elle.

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Grâce à Florentine, plusieurs femmes ont repris confiance en elles. Parmi elles, Yéri Tioyé.  Aujourd’hui commerçante, elle participe à des rencontres communales et régionales et prend la parole. « Je pars pour les rencontres à Bobo, souvent à la mairie on m’appelle qu’il y a des rencontres là-bas. Si je pars là-bas là, il y a différentes associations qui viennent. Souvent on peut dire une seule personne par association. Je m’exprime un peu là, je sais qu’ils me comprennent en tout cas. Ça m’a éveillée beaucoup, je peux conseiller quelqu’un comme un leader quoi. J’ai pu avoir confiance en moi, même devant les gens je m’exprime bien », révèle Yéri Tioyé qui avait peur de s’exprimer en public.

Impacter les autres

Amélie Somé a elle aussi vu sa vie changer. Grâce aux formations reçues, elle a appris la couture, l’embouche porcine et s’est lancée dans la riziculture. Ces activités lui donnent des revenus, mais surtout de la dignité. Elle participe désormais à des rencontres dans plusieurs localités. Une fierté pour celle qui, autrefois, vivait dans le retrait.

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« On étaient nombreuses à avoir honte et à nous cacher. Mais depuis que nous avons pris part aux rencontres de l’ADD et à leurs séances de prise de paroles sur la confiance en soi, nous sommes plus épanouies et sûr de nous. Je n’ai plus de complexe à prendre la parole en public », complète Amélie Somé. Désormais, elle fait partie de celles qui encouragent les autres à prendre la parole et à ne plus se cacher. Le combat n’est pas sans difficultés avec surtout le manque de financement. Mais cela ne la décourage pas.

Olivia Hien