Production du blé : une expérimentation prometteuse dans le Loroum
Visite du champ de blé expérimental à Titao. Photo: Studio Yafa.

Production du blé : une expérimentation prometteuse dans le Loroum

Dans la commune de Titao, environs 220 km de Ouagadougou dans la province du Loroum, le blé commence à faire parler de lui. Sur un champ expérimental d’un hectare, réparti sur trois sites, les producteurs testent cette culture encore peu connue dans la zone. A mi-parcours, les résultats sont jugés encourageants. Un rendement de 4,5 tonnes est attendu.

Parmi les producteurs engagés dans cette expérience, Joël Niampa, déplacé interne venu de Samboulga dans la commune de Sollé. Installé à Titao depuis quelques années, il s’est lancé dans la production du blé grâce à l’accompagnement des agents de l’agriculture. « Nous ne connaissions pas le blé mais avec l’accompagnement des agents de l’agriculture qui ont accepté d’être à nos côtés, nous avons pu réaliser cela », avoue-t-elle.

Au départ, la culture du blé semblait difficile, presque inaccessible. Aujourd’hui, Joël est convaincu que Titao peut produire cette céréale. « Nous ne connaissions pas le blé mais, maintenant, nous pensons qu’on peut produire le blé à Titao. Il faut qu’on s’y mette. Si les gens comprennent le principe de la production du blé, ils vont s’y mettre », assure-t-il. Pour lui, la clé du succès réside dans la collaboration entre producteurs et technicien agricoles. « Si les producteurs s’associent avec les agents de l’agriculture, on aura un bon rendement », insiste-t-il.

Les femmes aussi au rendez-vous

La production du blé à Titao ne se fait pas sans les femmes. Certaines, déjà engagées dans le maraîchage, ont décidé de diversifier leurs activités. C’est le cas de Nathalie Ouédraogo, productrice au secteur 2 de la ville. Avec son mari, elle s’investit dans la culture du blé, malgré les obstacles. « Bien vrai que nous avons pris la décision de travailler mais nous sommes confrontés au manque de matériels au regard, parfois des coûts. Il y a aussi l’eau du barrage qui va tarir dans quelques jours », regrette-t-elle.

Lire aussi: Production de blé au Burkina, la piqûre de rappel des chercheurs

Le manque d’équipements et la rareté de l’eau restent des défis majeurs. Nathalie lance un appel à la solidarité pour le curage du barrage afin de soutenir les activités de contre-saison. « Si nous nous y mettons, les activités de contre saison vont nourrir son homme. Ces activités peuvent nous aider à nous auto prendre en charge et prendre en charge nos familles », suggère-t-elle. Pour ces femmes, la culture du blé peut les aider à atteindre l’autonomie financière.

Une réussite inattendue

Cette expérimentation du blé s’inscrit dans le cadre de l’initiative présidentielle pour la production agricole. Le chef de service agriculture de la commune, Harouna Salou, se réjouit des premiers résultats : « Toute organisation, que ce soit un groupement ou une coopérative, qui a décidé de produire le blé, si vous n’arrêtez pas de mettre en pratique nos conseils, vous bénéficierez de notre accompagnement ».

Il reconnaît que la réussite de cette culture dans la zone était inattendue. Certains producteurs ont déjà manifesté leur intérêt pour la culture du blé. Ils sont donc invités à se rapprocher des services agricoles pour obtenir des semences et bénéficier d’un suivi technique.

Pour l’instant, l’expérimentation couvre un hectare. Mais si les 4,5 tonnes attendues sont au rendez-vous, la production pourrait être étendue à toute la province du Loroum lors des prochaines campagnes.

Soumaila Ganamé