Maasmè révèle le meilleur guide national de tourisme, Remy Nayaga
Le meilleur guide de l'année 2025 posant sur le site Maasmé, Ph : Studio Yafa

Maasmè révèle le meilleur guide national de tourisme, Remy Nayaga

Le meilleur guide national de tourisme est Remy Nayaga du site Maasmè de Koudougou. Etudiant en master histoire et archéologie, il a été sacré à la 7ᵉ édition du Prix national de l’entrepreneur touristique. Un concours qui récompense la créativité et l’excellence des promoteurs d’entreprises touristiques au Burkina Faso.  Arrivé au palais royal d’Issouka en 2020 comme stagiaire, Remy Nayaga ne se doutait pas de son destin. Au fil du temps, il se prend de passion pour le métier de guide.

Fin de visite au palais royal de Issouka. Un groupe de visiteurs vient de boucler le parcours. De la devanture du palais à la salle d’audience, en passant par le musée Rayimi et la place des cérémonies… ils ont voyagé dans l’histoire de ce quartier de Koudougou. Attentifs tout au long, ils ont posé des questions pour mieux comprendre l’historique des lieux et la symbolique de certains objets et pratiques. L’homme qui les a guidés s’appelle Remy Nayaga.

Remy Nayaga à la fin d’une visite, Ph : Studio Yafa

Normal que sur les visages des visiteurs, composés entre autres d’enseignants-chercheurs, se lisent de la satisfaction, mieux, de l’admiration pour celui qui leur a permis de faire une immersion dans ce haut lieu de la culture de Issouka, de Koudougou et du Burkina. Quand, à la fin d’une visite, la satisfaction est au rendez-vous, c’est une victoire pour Remy Nayaga, un renfort pour sa passion. Une passion qui lui a d’ailleurs valu des lauriers au plan régional et national.

Un sacre national pour un jeune passionné

Il a reçu le prix de l’entrepreneur touristique 2025, catégorie guide national, en octobre dernier. Parmi une soixantaine de candidats à travers le pays, Remy Nayaga est monté sur la plus haute marche du podium. Avant cela, en 2024, au plan régional, il avait reçu le prix du guide régional du Nando au Tunnel. Une cérémonie de distinction et de récompense des acteurs culturels et touristiques de la région du Nando.

Pourtant, le jeune homme, même s’il se dit fier, ne considère pas son prix, tant convoité dans le domaine, comme une consécration. Bien au contraire. « Il s’agit d’une interpellation pour dire que ce que je fais, je suis sur la bonne voie. Et alors, pour moi, ce prix-là, c’est à célébrer avec beaucoup de réserve parce que le temps pourra donc justifier ce mérite-là », dit-il, avec assurance.

Remy Nayaga posant fièrement avec ses trophées, Ph : Studio Yafa

Quand son nom retentit dans la salle cette nuit-là, Remy Nayaga est quelque peu surpris. Pour lui, être candidat et passer les différentes étapes étaient déjà un signe encourageant pour l’avenir. Face à d’autres candidats plus expérimentés que lui dans le domaine, il se disait n’avoir pas de chance. « Après le dépôt de dossiers, un jury mis en place a tourné partout dans les régions pour rencontrer les candidats. Ils ont fait des entretiens et posé des questions sur la connaissance générale du Burkina et sur la profession. On nous a aussi posé des questions sur notre région. Moi, je suis un guide national basé dans la région du Nando que je dois connaître, sa géographie, ses groupes sociaux… », explique le lauréat.

Une victoire vécue en famille

Juste après son sacre, alors qu’il est toujours dans la salle à Tenkodogo dans la région du Centre-Est, il reçoit une avalanche de messages de félicitations, dont celui du chef de Issouka, Naba Saaga 1ᵉʳ. « Sa Majesté et toute l’équipe suivaient la cérémonie en direct sur la RTB (…) Dès que je suis revenu ici, c’était comme les Étalons qui revenaient au Burkina avec la CAN », dit-il, replongeant dans ses souvenirs, les yeux brillants de nostalgie.

Au audience de sa majesté Naba Saga 1er, Ph : Studio Yafa

Pour le chef Naba Saaga 1er, Rémy a fait honneur à Maasmè. « C’est un universitaire studieux, respectueux, propre. Il a accepté écouter, apprendre, suivre et comprendre les résultats sont là », écrit sa Majesté sur sa page Facebook. Tout en invitant son protégé à maintenir le cap de l’excellence.

En 2020, quand Remy Nayaga arrive pour un stage de trois mois sur le site Maasmè, il ne pensait pas écrire son nom dans l’histoire du tourisme national.  A la fin des trois mois, il décide de rester, convaincu que le site et le métier de guidage étaient le prolongement de sa formation. Il obtient sa carte de guide professionnel en 2023.

Pour lui, le guidage permet de faire des rencontres qui enrichissent ses connaissances. Il a ainsi guidé des ministres, des diplomates, des anciens chefs d’État… Son vœu est de guider le Président Ibrahim Traoré sur le site Maasmè.  D’ailleurs, il y a quelques mois, il s’était préparé pour cela. Quand le Président du Faso était en visite dans la cité du cavalier rouge, lui et son équipe ont nettoyé le site du palais en espérant une visite surprise. Une partie remise, espère-t-il.

Un guide qui marque les esprits

La qualité du travail de Remy Nayaga est unanimement saluée par ceux qui ont eu l’occasion de collaborer ou de visiter le site Maasmè sous sa conduite. Etudiante en master en histoire économique et sociale, Claire Kaboré est stagiaire. Elle ne cache pas sa fierté face au parcours du jeune guide. « C’est un bon formateur, exigeant, mais toujours soucieux de la qualité du travail.  Après une visite, il pouvait ne pas te parler parce que tu as mal guidé un visiteur. Si c’est fait, il nous félicite », témoigne-t-elle.

Pour Claire Kaboré, stagiaire, Remy Nayaga est rigoureux dans le travail, Ph: Studio Yafa

Un avis que partage Bazié Salomon, visiteur du site Maasmè, marqué par le professionnalisme et l’approche pédagogique du jeune guide. « Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est sa capacité à faire la distinction entre la légende et l’histoire, et surtout à adapter son discours au public qu’il a en face de lui. Aujourd’hui, Remy est devenu une référence à Koudougou et même au niveau régional », confie-t-il.

Remy Nayaga a créé le Guide moderne de tourisme (GMT). Un regroupement d’étudiants issus de différentes filières comme en tourisme, en hôtellerie, en gestion du patrimoine culturel et touristique. L’initiateur du groupe a l’ambition de révolutionner le secteur et de mieux vendre la destination Burkina Faso.  «Quand on prend des pays comme le Maroc, l’Egypte, ce n’est pas que leur patrimoine culturel dépasse le nôtre. Mais c’est comment ces guides-là arrivent à mettre en valeur ces produits touristiques », défend-t-il.

En se projetant dans l’avenir, il entend s’investir pour que dans 5 à 10 ans, le métier de guide de tourisme professionnel puisse vendre l’image du Burkina face à des coûts de milliards.

Tiga Cheick Sawadogo