Articles

©Jean Sawadogo
Des élèves en cours au centre ''la clé du succès" à Ouagadougou

Education : les cours à domicile plus qu'un passe temps

Jean Paul Segrado a obtenu sa licence en économie à l’Université Joseph Ki-Zerbo depuis 2014. Las d’attendre une quelconque admission à un concours de la fonction publique ou une embauche dans le privé, le jeune homme a décidé de se prendre en main. Aujourd’hui, il est le fondateur et le premier responsable d’une structure qui dispense des cours d’appui aux élèves du secondaire dénommé « La clé du succès ».

Entre la vacation et les cours à domicile, Jean Paul Segrado est un homme occupé. En ce mardi 14 décembre 2021, le jeune homme s’apprête à dispenser un cours d’appui de 2h à un groupe d’élèves de la classe de 3e. C’est à Karpala, un quartier de Ouagadogou qu’il a établi sa structure « La clé du succès ». L’idée du centre est née après plusieurs années d’expérience. « Après le baccalauréat, je donnais des cours à domicile. Avec l’engouement et les résultats qu’on avait chaque année, la demande était devenue forte. On ne pouvait donc plus courir de maison en maison tous les soirs au vu de l’effectif élevé. C’est dans ce sens qu’on a eu l’idée de mettre en place le centre ». Grâce à ce centre, Jean Paul et ses collaborateurs regroupent les élèves qui sollicitent leurs services par niveau.

Lire aussi : https://www.studioyafa.org/et-aussi/957-conditions-de-travail-des-enseignants-du-prive-beaucoup-de-promoteurs-font-ce-qu-ils-veulent-invite.html

 Le nombre d’élèves varie tout au long de l’année scolaire. A quelques jours de la fin du premier trimestre en cette année scolaire 2021-2022, les apprenants sont au nombre de 36 dont 8 élèves en classe de 4e, 11 en 3e, 12 pour la 2nd C et 5 en classe de 1ère D. Jean Paul Segrado intervient à la fois dans la vacation et les cours à domicile. Pour autant, il a une préférence pour les cours à domicile car explique-t-il, « les cours à domicile sont moins fatiguant et plus rentables par rapport à la vacation. Avec la vacation, tu peux aller aujourd’hui et on va te dire qu’il n’y a pas cours ou si c’est un jour férié tout cela n’est pas comptabilisé. Pourtant, avec les cours à domicile, même si l’élève n’est pas disponible aujourd’hui, tu peux reprogrammer avec lui. Mais avec la vacation, une fois que le cours n’a pas eu lieu, rares sont les établissements qui acceptent qu’on puisse faire un rattrapage ».

Donner des cours à domicile n’est pas facile

Si Jean Paul tire son épingle du jeu avec ses cours à domicile et ses heures de vacation, ce n’est pas le cas de tous les jeunes qui interviennent dans le domaine. En effet, s’il y a de nombreux établissements privés dans la capitale burkinabè, le nombre des demandeurs de vacation est aussi élevé. La difficulté principale explique Jean Paul, « c’est que de nombreux responsables d’établissements privés préfèrent ceux qui exercent déjà dans le public, ceux qui ont les diplômes de l’Etat. Ils pensent que c’est eux qui sont plus aptes à donner les cours ».

Pour ceux qui s’imaginent que dispenser des cours d’appui est facile, le fondateur du centre « la clé du succès » prévient : « de mon expérience, donner des cours dans un établissement est plus facile que donner un cours à domicile à un élève. La raison selon lui est que « les parents nous appellent généralement pour un résultat. Ils veulent par exemple que leur enfant réussisse à leur examen et c’est à toi de te débrouiller pour qu’il y arrive.  Ainsi, quel que soit le niveau de l’élève, tu dois travailler pour que ce dernier puisse obtenir un résultat positif, le résultat recherché. Alors qu’avec la vacation, c’est de façon générale. C’est vrai que l’enseignant doit faire de telle sorte que le maximum d’élèves puisse comprendre son cours, mais l’exigence ou la pression n’est pas la même qu’avec les cours à domicile ».

Lire aussi : https://www.studioyafa.org/minimag/1385-education-des-astuces-pour-bien-retenir-les-lecons.html

Certes, Jean Paul Segrado n’a pas de contrat de travail au sens classique du terme. Néanmoins, il considère les cours d’appui comme un emploi. Tout dépend selon lui, de l’organisation qui est mise en place. Ainsi, témoigne-t-il, « c’est vrai que je n’ai pas une fonction fixe, un travail classique, mais je ne me plains pas parce que j’arrive à subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille ». Le jeune homme qui vient de s’inscrire pour un master en macroéconomie et finances internationales à l’Université Joseph Ki-Zerbo exhorte les jeunes à ne pas prendre les cours d’appui comme un passe-temps mais comme un vrai travail car selon lui, dans des pays comme le Bénin, « des gens se déplacent en véhicule pour donner des cours à domicile ».

Jean Sawadogo

Pour en savoir plus sur nos activités
M'inscrire à la newsletter
Studio Yafa est soutenu par
Ambassade de Suède
Confédération Suisse