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Les femmes à l’ombre d’un arbre se font enregistrer par les services de l’action humanitaire

Burkina Faso : Plus de 3000 déplacés après l’attaque de Seytenga

L’attaque dans la nuit du 11 au 12 juin 2022 à Seytenga dans la province du Séno, région du Sahel a fait déplacer 500 femmes et 2 173 enfants à Dori depuis le week-end dernier.

Dans la nuit du 11 au 12 juin 2022, la localité de Seytenga dans la province du Séno dans le Sahel burkinabè a subi une attaque de groupes armés. Cette attaque a provoqué le déplacement des populations vers Dori. Selon les services de l’action humanitaire du Sahel, 3 173 Personnes déplacées internes (PDI) dont 2 173 enfants et 500 femmes ont été enregistrées à Dori la date du 12 juin 2022.

A entendre Aissatou Yattara, elle a parcouru la quarantaine de kilomètre séparant Seytenga de Dori à pied avec 3 de ses 5 enfants pour rejoindre le chef-lieu de région. La commerçante de 34 ans a abandonné 5 cartons de mangues, 2 bidons de 20 litres chacun, 2 sacs de farine et du bétail dernière elle pour sauver sa vie et celle de ses enfants.

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Ses deux enfants, dit-elle, sont avec leur père dans la commune voisine de Titabé. Elle a indiqué que grâce aux services de l’action humanitaire, elle et ses enfants sont dans une famille d’accueil. Pour sa part, Aichatou Hama âgée de 45 ans et mère de 8 enfants est arrivée à Dori à l’aide d’un tricycle. « Avant d’avoir le tricycle, nous avons d’abord marché et j’avais un dernier enfant de deux ans au dos. J’ai abandonné mon commerce pour fuir Seytenga », a confié la rescapée.

Selon ses dires, elle vendait des beignets et des tubercules au marché pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Les deux dames disent avoir également tous les vêtements sur place et fondent leur espoir sur les services de l’action humanitaire ainsi que les bonnes volontés pour les venir en aide.

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 Quant à la jeune commerçante de 19 ans Fatoumata Gadiaga, elle a indiqué qu’elle est arrivée le lundi 13 juin 2022 à Dori en parcourant 11 kilomètres avant d’emprunter à crédit communément appelée « arriver payer ». Une fois à Dori, a-t-elle poursuivi, ce sont ses amis qui ont honoré les frais de transport qui ont couté 3 000 FCFA.

A l’issue de son enregistrement par les services de l’action humanitaire, l’ex jeune commerçante de nourriture au marché de Seytenga a trouvé refuge avec sa grand-mère chez une tante. Son espoir est de retourner à Seytenga pour récupérer ses effets parce dans la précipitation, elle n’a pu prendre que trois habits.

Si l’insécurité à Seytenga, localité située à 40 km de Dori, capitale de la région du Sahel et à 10 km de la frontière nigérienne a poussé certaines femmes à tout abandonner sur place, Aichatou Moussa a définitivement rangé ses cahiers et autres livres.

En effet, l’élève en classe de Tle A4 à Seytenga a dû abandonner ses études au premier trimestre de l’année scolaire 2021/2022 lorsque les cours ont été suspendus du fait de l’insécurité. « Certains élèves sont venus à Dori continuer les études. Mais, je n’ai pas pu parce que je suis orpheline de père et de mère. Après l’abandon des études, je faisais du petit commerce avec ma grande sœur », a-t-elle ressassé son passé.

Dans la nuit du 11 au 12 juin 2022, des hommes armés ont attaqué Seytenga. Le bilan provisoire des victimes des tueries est à 79 morts selon le gouvernement.

Hama Dicko(correspondant) 

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