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©KOLA SULAIMON / AFP

Protection de l'environnement: Olivier et ses 11 hectares d'amour pour les plantes

Une passion qui redonne vie à la terre et fait barrage à la désertification. A Sagala, village de la commune de Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, Olivier Paré entretient depuis plusieurs décennies, une forêt de 11 hectares. Le périmètre est devenu un sanctuaire de recherche pour des étudiants et des chercheurs. C’est surtout un modèle de lutte contre la désertification.

D’impressionnants arbres. Des chants d’oiseaux comme pour nous souhaiter la bienvenue quand nous foulons la forêt d’Olivier Paré. L’homme nous sert de guide dans sa propriété qui s’étend sur 11 ha. Après 5 minutes de marches, le maître des lieux marque un arrêt devant un géant baobab d’environ 30 mètres.

« C’est un arbre que je suis né trouvé », nous lance-t-il avec un ton ironique. Il s’agit selon ses explications d’une espèce qui existe sur cette forêt et qu’il a héritée de son défunt père, lui aussi passionné de la nature. L’espace date de 1958 et le quinquagénaire l’exploite depuis 1988.

Préserver un souffle de vie

« J’ai décidé de préserver cette forêt parce que je veux préserver un souffle de vie meilleure pour la génération actuelle et celle à venir », explique Olivier qui ajoute avoir été initié très tôt par son défunt père. Une affaire de famille donc pour l’amour de la nature et la sauvegarde de l’environnement.

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La forêt regorge plusieurs types d’arbres comme le karité, le Néré, le manguier et bien d’autres. « Il y a par exemple plus de 1000 karités, près de 300 manguiers, de nombreux anacardiers et nérés et bien d’autres. Je ne peux pas tout citer car il y en a beaucoup », note l’amoureux de la nature.

Grâce à cet amour pour la nature, ce sont plusieurs espèces qui sont ainsi protégées.

Un inventaire en cours

Celui qui est particulièrement fier de cette initiative, c’est le directeur provincial en charge de l’environnement. Brahma Ouattara explique que son service a initié des actions pour répertorier toutes les espèces de cette forêt. « L’objectif est de faire le point des espèces végétales et animales qui existent au niveau de cette forêt pour mieux les protéger. Cela nous permettra aussi de voir la diversité qu’il y a dans cette forêt. Il faut qu’on parvienne à faire un plan d’aménagement et de gestion de ces 11 ha car sa forêt est avant tout une entreprise », soutient le directeur provincial.

Incompris et même combattu au départ par les riverains qui voulaient y faire paître les animaux, le sylviculteur autodidacte à force de persévérance a fini par convaincre du bien-fondé de son engagement au profit de l’environnement. Aujourd’hui, sa forêt est devenue un sanctuaire de recherche pour des étudiants et des chercheurs mais aussi, un modèle pour sa communauté.

Le défi de la préservation

Le plus gros défi auquel est confronté Olivier Paré demeure la préservation de cette grande superficie pour l’avenir. Pour y arriver, il multiplie des stratégies tout en attendant d’éventuels soutiens de l’Etat. Il estime que l’Etat aura beaucoup à gagner en préservant les forêts existantes plutôt que de miser sur les reboisements.

« L’argent qui est utilisé pour ces campagnes de reboisement pourrait être mieux utilisé pour soutenir les initiatives de protections de forêt» soutient Olivier Paré. Dans son ambition d’améliorer son projet, Olivier reçoit les conseils avisés de la part d’un autre passionné. Yacouba Sawadogo qui a reçu le Prix Nobel alternatif" pour son engagement contre la désertification dans le nord du Burkina Faso.

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