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BAC 2022 : Salam Tankoano dans les pensées de Alif Naaba

Ça y est. Le Baccalauréat session 2022 est lancé au Burkina Faso. Le candidat que nous suivons, Abdoul Salam Aboubacar Tankoano est dans les startings blocks comme plus de 142 000 autres. Pour la première épreuve de français, il a opté pour le commentaire de texte. « Je veux aller à l’école » de l’artiste Alif Naaba.

Réveil plus que matinal pour notre candidat. A la veille d’un événement si important et longtemps attendu, difficile de dormir les poings fermés. Abdoul Salam Tankoano le reconnaît, ce ne fut pas le meilleur sommeil. « Je me suis réveillé très tôt, avant mon alarme. Je ne pouvais pas me rendormir parce que le stress était là. J’écoutais la radio, le temps de me préparer pour venir au centre de composition ».

De son quartier Tanghin et avant que l’astre du jour ne se réveille et pendant que la capitale arrosée la nuit d’une fine pluie est encore endormie, le jeune candidat était en route. Vers le lycée Bogodogo où il compose.

Stress dans l’attente

Arrivé au moins une heure avant, le plus dure a été de prendre place dans la salle de composition et d’attendre les sujets. Le temps est lourd et les candidats piaffent d’impatience, nous relate, Abdoul Salam. « Le temps d’attente des sujets a été stressant. Une certaine peur aussi », précise-t-il.

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A l’administration des sujets, des candidats ont du mal à retenir certaines émotions. « Quand les sujets sont arrivés, il y a eu un petit bruit dans la salle. Dans les cœurs aussi, il y a eu un sursaut. On s’est dit en ce moment qu’on y est vraiment », poursuit le candidat.
Le premier regard furtif qu’il jette sur les sujets et ce qu’il retient, c’est un long texte. « Je me suis dit qu’il ne faut pas que je me précipite et il faut lire tous les trois sujets avant de faire le choix. Je me suis donc calmé, le temps que les gens cessent le bruit, j’ai lu tous les sujets avant de faire mon choix ».

Et le choix du candidat du collège de la salle s’est porté sur le commentaire de texte, « je m’y sentais plus à l’aise, plus à même d’exploiter mes connaissance ». Selon lui, tous les trois sujets avaient un dénominateur commun : le terrorisme.

Un clin d’œil aux déscolarisés

Le texte que le candidat Tankoano a commenté est un extrait de So Wok, l’album de Alif Naaba sorti en 2021. Je veux aller à l’école en est le titre. « Alif Naaba s’est mis dans la peau d’un enfant. Il essaie de montrer ce que cet enfant a ressenti quand son école a été fermée. Ce que cet enfant a ressenti quand les terroristes ont envahi son école. Ce que cet enfant qui veut retrouver à l’école coûte que coûte ressent aujourd’hui. Il souhaite retourner à l’école et il le mentionne à chaque fois », commente le candidat de 19 ans à la fin de la composition.

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Selon lui, le sujet est un clin d’œil à ces milliers d’élèves burkinabè qui ne vont plus à l’école à cause des attaques terroristes. Une actualité brulante qui ne cesse de se prolonger. « Récemment encore il y a eu des attaques à Seytenga avec beaucoup de morts. Même s’il y avait une école sur place, après cette attaque elle serait fermée. C’est donc un sujet qui vient à point nommé », regrette Tankoano pour qui, « la littérature est un peu le miroir de la société ».

C’est donc une bonne entrée en matière. Salam s’est-il bien défendu ? Il se veut prudent, pas d’euphorie. Il faut rester concentrer jusqu’au bout. « C‘est très tôt de le dire. Je pense avoir fait ma part. Le reste, on le met dans les mains de Dieu et dans la confiance aux correcteurs qui on l’espère seront justes, bons et cléments envers tout le monde ».

Finie donc l’épreuve de Français. Abdoul Salam Aboubacar Tankoano a refait ses forces à la pause avec un plat de couscous que sa sœur lui a envoyé. Avec sa jeune sœur qui passe également le BAC, il partage le plat, assis sur une natte dans un couloir du centre de composition. Dans peu de temps, Salam affrontera l’épreuve de Physique chimie.

Nous retrouverons Abdoul Salam Aboubacar Tankoano à la proclamation des résultats dans quelques jours. En attendant, nous souhaitons à lui et à tous les candidats, bonne inspiration.

Tiga Cheick Sawadogo 

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