COVID-19 : Tous ensemble face au virus

Et aussi

un groupe de manifestants convergent vers le ministère en charge de l'éducation nationale

Ouaga : des élèves manifestent pour la reprise des activités socioculturelles

Les rues de la capitale ont encore grondé à cause d’un énième débrayage des élèves. Ils étaient nombreux dans différents artères, sifflant, criant, brandissant des pancartes. Outre la réforme de l'examen du Baccalauréat contre laquelle ils s’insurgent, les manifestants exigent aussi la tenue des activités socioculturelles (kermesses, journées traditionnelles…), jusque là suspendues à cause de la Covid-19. Sur ce dernier point, ils disent être victimes d’injustice.   


Quand les élèves des plus grands lycées de Ouagadougou sont dans la rue, tout roule au ralenti. Difficile de se frayer un passage devant Centre hospitalier Yalgado Ouédraogo, la rue des écoles, l’avenue Thomas Sankara ou encore l’avenue de l’indépendance. « Nous sommes arrivés ce matin. Les cours de 7 h avaient débuté, quelques minutes après, on a entendu les coups de sifflets. Nous avons libérés les élèves pour éviter les casses et affrontements », explique Hamado Nombré, proviseur du Lycée professionnel des métiers et de la mode vestimentaire.  Certains élèves ne savent même pas pourquoi ils manifestent, ajoute-t-il. Pour les élèves mécontents, les raisons de la manifestation sont multiples.

Il y a quelques jours, ils avaient déjà battu le pavé pour réclamer la suppression d'un supposé décret portant sur l'admission aux universités publiques sur concours après le Baccalauréat. En plus de cela, la plateforme minimale des scolaires comprend entre autres, la reprise des activités socioculturelles dans les établissements, précise Mohamine Ilboudo élève en Tle D au lycée Bogodogo, par ailleurs secrétaire général de l'Association des Elèves du Secondaire de Ouagadougou (AESO). « Depuis que la Covid est là, dans tous les établissements publics, il n’y a plus d’activités culturelles. Chaque année, on organisait une semaine de la culture qui permet aux élèves de connaitre leur culture. Cette année, cela a été supprimé pendant ce temps, partout en ville, les festivals sont organisés. On se demande si les élèves sont dans un autres pays que le Burkina ou bien le Covid a décidé de s’attaquer seulement aux écoles publiques », fulmine Mohamine Ilboudo.


Au lycée Philippe Zinda Kaboré, la colère est partagée. « Les autres établissements ont eu des activités socioculturelles. Mais pourquoi au Zinda on dit qu’on ne va pas faire ? Covid oui, mais pourquoi les autres ont fait ? C’est ça le problème. On a aussi raison, ou bien ? », nous lance Ulrich Ghislain Ouédraogo en classe de 2nde A. Elle enfourche son vélo, pour, dit-elle, rejoindre ses camarades qui convergent vers leur ministère de tutelle. Sylvia Sawadogo également en 2nde A1 au lycée Zinda hausse le ton quand il s’agit de dénoncer ce qu’elle appelle injustice.

 

« Nous sommes dans cette école, on n’a jamais détecté un cas de covid ici. D’ailleurs, on n’a pas reçu tous les cache-nez. Si les autres établissements peuvent organiser leurs journées, pourquoi on nous refuse ça ? C’est pour cela aussi qu’on manifeste », clame-t-elle, sous le regard de ses camarades qui semblent partager son opinion. Autre complainte dans un autre environnement. Au lycée Bogodogo, Cheick Oumar Ouédraogo en classe de 1ère D se rafraichit le visage à la fontaine. « Le grand marché draine plus de monde que notre établissement, mais il est ouvert non ? Nous pensons que c’est injuste. Un élève qui va à l’école pendant plus de 8 mois, au moins il faut lui donner une semaine pour se divertir avec ses camarades », poursuit Cheick Oumar Ouédraogo.

Selon le secrétaire général de l’AESO, les manifestants ont été reçus par une délégation de leur ministère de tutelle pour échanger autour de la plateforme. « Si on n’a pas eu de retour d'ici-là, il faut savoir que nous allons sortir encore. On va attendre le conseil des ministres pour voir les décisions qui en sortiront…s’il n’y a pas de décision en notre faveur, ils devraient s’attendre à nous revoir », prévient Mohamine Ilboudo.

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