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Photo d'illustration

Dédougou : le difficile quotidien des élèves déplacés internes

La crise sécuritaire que vit le Burkina Faso depuis 2015 a entrainé la fermeture de nombreux établissements d’enseignement dans les zones en proie aux attaques terroristes. A Dédougou, une commune urbaine située à environ 250km à l’Ouest de la capitale Ouagadougou, des élèves déplacés internes vivent et étudient parfois dans des conditions difficiles.


A Dédougou, le nombre des élèves déplacés internes n’est pas aussi important que dans d’autres localités du Burkina comme Kaya dans le centre-nord du pays. Pour autant, les élèves déplacés internes de la cité de Bankuy vivent les mêmes difficultés que ceux des autres sites d’accueil. Christine Zerbo est une élève déplacée interne à Dédougou. Au début de l’année scolaire 2020-2021, elle a quitté malgré elle son village de Nassan, situé à plus de 100 km de Dédougou afin de poursuivre ses études. « Notre lycée a été fermé à cause des attaques terroristes » dit-elle avec tristesse.

Dans le chef-lieu de la région de la boucle du Mouhoun, la jeune élève de la classe de 4e loue avec 12 autres camarades déplacées internes, une maison dans un quartier périphérique de la ville. « On est obligé de vivre à 13 dans une maison chambre-salon, sans eau et sans électricité. En plus, malgré notre nombre, nous avons des difficultés pour payer le loyer mensuel qui est fixé à 10000 f » témoigne la jeune fille. En plus du prix du loyer, Christine et ses camarades parcourent chaque jour plus de 3 km à pied pour rejoindre leur établissement afin de suivre les cours.

A côté de la maison de Christine et de ses camarades filles, vivent dans les mêmes conditions, d’autres élèves déplacés internes. Moumouni Toé est l’un d’entre eux. Tout comme Christine, Moumouni et 9 de ses camarades garçons squattent une maison chambre-salon. Mais à la différence de la native de Nassan qui a pu intégrer un établissement public à Dédougou, Moumouni a eu moins de chance. « Comme je n’ai pas eu de place dans un lycée public, j’ai été obligé de m’inscrire dans un lycée privé » indique-t-il. Contrairement au public où les frais de scolarité sont relativement moins chers, ce n’est pas le cas dans le privé. C’est donc avec beaucoup de difficultés que l’élève en classe de seconde arrive à honorer selon lui, ses frais de scolarité.


Des résultats encourageants tout de même


Parmi les élèves déplacés internes, le cas de Moumouni Toé n’est pas unique. Ils sont nombreux ceux d’entre eux qui ont été obligés de s’inscrire dans des établissements privés. « Depuis 2 ans, nous recevons des élèves qui ont dû quitter leur village à cause de l’insécurité et de la fermeture des écoles. Mais ils ne sont pas très nombreux. Comme c’est un privé, les gens recherchent d’abord les places dans le public et c’est quand ils n’en trouvent pas qu’ils se tournent vers nous. Comme la scolarité est un peu cher aussi, ce n’est pas toujours évident. Nous avons 16 d’élèves déplacés internes chez nous » précise Tiga Birba, enseignant et membre fondateur d’un collège privé de Dédougou.

Malgré ces difficultés que vivent les élèves déplacés internes qui ont dû fuir leur village et éloignés de leurs parents, certains d’entre eux arrivent tout de même à tirer leur épingle du jeu au niveau des résultats scolaires. « Il y ‘en a quand même qui éprouvent des difficultés. Malgré cette situation, quelques-uns s’en sortent au niveau des résultats scolaires. Pour d’autres, ce n’est pas du tout simple. Tous ceux qui sont en classe de 3e ont par exemple eu la moyenne aux deux premiers trimestres » témoigne Tiga Birba. En attendant de jours meilleurs, Christine, Moumouni et leurs camarades déplacés internes disent redoubler d’effort dans les études. Ils ne veulent pas que leurs souffrances ainsi que le sacrifice de leurs parents soient vains.

 

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