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Un homme au milieu des bûchers où brulent les dépouilles des victimes de la Covid-19

Covid-19 en Inde: des jeunes Burkinabè témoins de la catastrophe

La peur et la solitude. C’est ce que des jeunes Burkinabè en Inde vivent alors que le nombre de cas de Covid-19 est en perpétuelle hausse. 24 684 077 cas de contamination et 270 284 décès selon les derniers chiffres. A mille lieux du Burkina, certains jeunes disent faire preuve de résilience en cette période critique. D'autres par contre, sont « choqués » de voir des cadavres brulés, conformément aux traditions de leur pays d’accueil.

Wendkuni Boris Jean-Arnaud Sawadogo est un jeune étudiant Burkinabè. Arrivé en Inde en 2018 pour des études d’ingénieur génie électrique, il ne s’imaginait pas que son séjour serait aussi stressant. En plus d’un nouvel environnement auquel il devrait s’habituer, la Covid-19 secoue sévèrement son pays d’accueil. « Ce n’est pas du tout facile. La majorité des burkinabè est établie au Nord de l’Inde, précisément à L'Uttar Pradesh. On essaie donc de prendre les nouvelles régulièrement. Sinon on est carrément à la maison, nos cours sont en ligne. On ne bouge pas, c’est la routine quotidienne. Se lever, suivre des cours en ligne. Même pour sortir et aller faire quelques courses, on a des difficultés, mais on s’adapte aux nouveaux règlements établis par le gouvernement indien », explique celui qui est par ailleurs vice-président de l’association des étudiants burkinabè en Inde.


Fabrice Gnoumou, étudiant en sciences électroniques section robotique, note que la covid-19 a bouleversé tous les curricula d'enseignement. « La qualité des études a pris un coup. A la base c’était prévu pour être dispensés dans les laboratoires, les salles de classe. Maintenait que tout est en ligne à cause de la distanciation sociale, c’est donc compliqué de suivre souvent surtout pour des matières très techniques où tu as besoin de toucher, manipuler et pratiquer », regrette le jeune apprenant.


Pour Boris, au regard de la concentration de la population et du mode de vie des indiens cette flambée de cas positifs de covid-19 était prévisible. « Tout a commencé aux environs du mois de mars. Il y a eu certaines fêtes qui ont occasionné des regroupements en masse. Cela a fait flamber le nombre de cas. La population n’écoute pas les conseils et recommandations du gouvernement et les règles éditées…Ce n’est vraiment facile », poursuit-il.


L’Inde compte à ce jour, 25 772 440 cas de contagion à la Covid-19, avec plus de 287 122 décès. C’est le pays le plus touché au monde par la pandémie. Selon nos interlocuteurs, au sein de la communauté Burkinabè en Inde, notamment parmi les étudiants, il y a eu deux personnes testées positives à la covid-19. Mais elles auraient depuis recouvré la santé.


Les bûchers qui font peur 


Wilfried Nacoulma, séjourne également en Inde pour des raisons d’études. Il avoue que les images des cadavres incinérés qu’il a vus à la télé sont insoutenables et ont contribué a renforcé la peur. « Bien sûr en voyant ça, on se met en tête qu’il faut rentrer chez soi…surtout qu’au pays (Burkina, Ndlr), la pandémie n’est pas trop présente », dit-il.


Pour des Burkinabè qui n’ont jamais vu de telles scènes, ils avouent avoir été marqués de voir ces crématoriums à ciel ouvert, ces cadavres réduits en cendre . « Dans leur tradition, quand quelqu’un décède, il faut le bruler. Nous regardons ça et ce n’est pas facile. Chez nous au pays, on ne connait pas cette pratique. Nous étions vraiment sous le choc et effrayés quand on voyait cela au début », précise le vice-président.


Les nouvelles de l’Inde avec des milliers de morts au quotidien font le tour des chaines internationales. Les parents des étudiants Burkinabè s’inquiètent tout naturellement pour leurs enfants. La situation est dramatique, reconnait Boris qui dit comprendre l'inquiétude des parents. « Ce n’est pas simple avec les parents qui ne sont pas sur place pour juger de la situation ; ajouter à cela, il y a toutes les informations que l’on voit partout su l’Inde, ce qui crée de la psychose. Nous essayons donc de les rassurer que nous tentons de nous protéger ici. On est tout temps en contact avec, ça nous rassure et ça nous donne la force de continuer », rassure Fabrice.

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