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Emmanuela Claudia Del Re représentante spéciale de l’Union européenne dans le Sahel face aux jeunes

Sahel : « Ce n’est pas l’Union européenne qui va résoudre les problèmes dans les pays »

Qu’est-ce que l’Union européenne apporte au pays du Sahel ? Quel est le regard des jeunes burkinabè sur l’ensemble des interventions de l’institution européenne dans les pays du Sahel ? Harouna Simbo Drabo, blogueur ne va pas du dos de la cuillère avec Emmanuela Claudia Del Re représentante spéciale de l’Union européenne dans le Sahel. « Il y a un manque de cohérence et de lisibilité dans les actions de l’Union européenne et des doublons de projets de développement ». C’était au cours du débat hebdomadaire de Studio Yafa de ce vendredi 5 novembre.

 Pourquoi l’Union européenne est présente au Sahel ? Pose d’entrée de jeu Martin Kaba le présentateur à Emmanuela Claudia Del Re. La représente spéciale est on ne peut plus claire sur la question, «  le Sahel est la vraie frontière méridionale de l’Europe. Il n’y a pas de solutions de continuité entre l’Europe et le Sahel. (…) le sahel est une région importante et stratégique pour l’Union européenne, pas seulement pour les questions compliquées comme les défis de développement, de sécurité, etc., mais aussi pour les opportunités ». Ces opportunités pour l’Union européenne sont nombreuses parmi lesquelles la démographie. 65% de la population du Sahel à moins de 35 ans, une véritable opportunité pour l’Europe mais également pour l’Afrique, commente la représentante spéciale, reconnaissant toutefois que l’Europe profite du développement durable en Afrique. Quid de la présence particulière de la France dans le Sahel alors que le pays fait partie intégrante de l’union européenne ?  Relance Martin Kaba. Claudia Del Re rassure : «  la France a un rôle particulier dans le Sahel pour son passé historique. On écoute donc la France pour son expérience mais on agit ensemble ».

Incohérence, illisibilité, inefficacité, des doublons ?

Les résultats de l’intervention de l’union européenne ne sont pas perceptibles selon le blogueur Harouna Drabo. Le jeune homme insiste sous peine de se répéter sur cet aspect. Plusieurs projets de développement sont certes initiés dans les pays du Sahel mais  manquent de cohérence et de lisibilité. « Pendant que l’Union européenne implémente un projet, un pays membre de l’union européenne implémente le même type de projet. Cela ne facilite pas la capitalisation », fait-il savoir en citant des exemples.  La santé, le genre, la justice sociale, le foncier sont entre autres secteurs où des projets  sont implémentés par l’Union européenne mais aussi dans certains des pays membres de cette organisation. «  Du doublon donc ….» dit-il. Un doublon qu’apprécie positivement  la représentante spéciale même si elle reconnait qu’il faut améliorer la visibilité et créer une stratégie efficace sur ces patrimoines énormes d’activités au profit des populations.

Les jeunes au cœur des projets de l’EU

Claudia Del Re ne finit pas d’égrainer les projets d’aides de développement mis en œuvre dans les pays du Sahel. «  Nous avons par exemple investie 8 milliards d’Euro ces quatre dernières années au Sahel et d’autres investissements sont en cours pour les prochaines. 18 milles soldats ont été formés au Mali », cite-t-elle pèle mêle. Harouna Drabo et Yéribou Ada Dah, étudiante en fin de cycle le reconnaissent : il y a de l’aide. Cette aide, disent-ils, doit être aujourd’hui un transfert de compétences et c’est ce qui manque parce que l’Union européenne continue de tenir la main de l’Afrique pour encore 30 ou 40 ans.

Claudia Del Re partage l'avis des deux jeunes invités sur le plateau du débat. Toutefois «  ce n’est pas l’union européenne qui viendra résoudre les problèmes des pays du Sahel. Il faut maintenir le partenariat car nous partageons  le même futur », fait-elle savoir. Elle invite par ailleurs les jeunes à s’impliquer dans les projets de développement de l’Union européenne. Mais, prévient Harouna Drabo, l’union européenne doit  inscrire son aide dans un court et moyen terme et travailler  à faire départir l’Afrique de cette aide.

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