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Des pratiques culturelles légitiment la violence faite aux femmes selon des Burkinabè

Violences faites aux femmes : « on gagnerait mieux à les éduquer »

L’éducation est la principale arme pour lutter contre les violences dont sont victimes les femmes selon des Burkinabè. Ils expliquent ce phénomène social par la tradition qui fait d'elles, un être inférieur à l’homme.

Le phénomène persiste malgré les campagnes de sensibilisations. Des femmes sont victimes de violences dans leur foyer ou même dans leur service. La persistance de ce phénomène dans la société tire sa source de la culture et de l’éducation selon la sociologue Adriane Nana lors de l’émission Ya’Débat du Studio Yafa. « Dans nos cultures, on dit que la femme s’éduque comme un enfant. On se dit qu’il faut la battre, qu’il faut crier sur elle et que c’est de cette façon qu’elle peut revenir à l’ordre », regrette Adriane.

Depuis l’enfance, selon le docteur de santé publique Wendlasida Thomas Ouédraogo, directeur régional de santé publique du centre, les femmes ont été conditionnées à accepter leur domination. Cela se manifeste par les tâches confiées aux enfants en fonction de leur âge. « Culturellement, on vous dit que la femme n’est rien, il faut l’éduquer. Eduquer, c’est le bâton. On a toujours considéré la femme comme une étrangère dans nos us et coutumes. Et on se dit que c’est à l’homme de lui apprendre », commente Dr. Wendlasida Thomas Ouédraogo.

Esperat Oussounvi, président du mouvement d’action des jeunes de l’Association burkinabè pour le bien-être familiale (ABBEF) constate qu’en langue mooré, il est dit que « Pag la zaka » (la femme, c’est le foyer). Ce qui est, pour lui, une forme de violence : un facteur qui limite les chances d’entreprendre hors du foyer.

Constituer une masse critique de femmes

Les femmes victimes de violence refusent de rompre le silence par peur de perdre leur foyer. « On gagnerait plus à éduquer les femmes à ce qu’elle puisse comprendre et à s’auto prendre en charge », estime Wendlasida Thomas Ouédraogo. Pour lui, tant qu’il n’y aura pas une masse critique de femmes capable de prendre des initiatives pour résoudre le problème, le phénomène va perdurer.

Esperat Ounssounvi partage ce même point de vue : « en plus de l’éducation, il faut amener les femmes à être autonome et les amener à cultiver l’esprit entrepreneuriale car beaucoup de violence sont dues aussi à la pauvreté ». La date du 25 novembre est consacrée à la Journée mondiale de l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles. Cette année, la commémoration a eu lieu sous le thème : « Oranger le monde : la génération égalité s’oppose aux violences ».

Le Studio Yafa s’intéresse à la problématique des violences faites aux femmes dans son émission Ya’Débat à suivre à partir du samedi 30 novembre 2019.

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