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A Ouagadougou, les jeunes sont partagés entre comprehension et inquiétude sur le couvre-feu

Covid-19 : avis divergents à Ouagadougou sur le couvre-feu décrété par le chef de l’Etat

Le couvre-feu instauré à partir du samedi 21 mars 2020 par le chef de l’Etat Roch Kaboré pour lutter contre la pandémie de la Covid-19 divise des jeunes de Ouagadougou. Certains soutiennent le couvre-feu qui va, pour eux, contribuer à réduire la propagation de la maladie. Pour d’autres, cette décision est précipitée et inopportune.

Des habitants de la ville de Ouagadougou ne comprennent pas la décision de président du Faso Roch Kaboré d’imposer un couvre-feu à partir du samedi 21 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire afin de lutter contre la Covid-19. Assis au bord de la route au quartier Tanghin avec son ami, un tas de pomme de terre devant lui, Saïdou Ouédraogo fait partie de ce groupe. Il  dit craindre pour son commerce. « Vous savez, la faim est aussi une maladie. Nous qui vendons le soir, comment allons-nous nous en sortir ? Cette décision risque de nous créer encore plus de problème », se plaint Saidou Ouédraogo, une trentaine de minutes après le discours du chef de l’Etat.

Son compagnon ne partage pas son avis : « J’estime que cette décision est la bienvenue parce qu’il y a beaucoup de rassemblements la nuit dans les maquis surtout. Et à ce qu’on dit, les rassemblements facilitent la propagation de la maladie. Si on a pu interdire les prières dans les églises et les mosquées, c’est normal qu’on instaure un couvre-feu pour éviter les rassemblements dans les maquis », soutient Hamidou Sana Sana. Pour lui, même si le couvre-feu est instauré à partir de midi, cela ne lui cause aucun problème tant que c’est pour lutter contre le Covid-19.

                           Une question de santé

Non loin de là, dans une buvette, deux jeunes assis autour d’une table sont informés par nous-même de l’instauration d’un couvre-feu par le président du Faso. Pour ces jeunes, la décision se justifie. « C’est une question de santé. La santé est la base de tout. Si c’est une décision pour éviter que les gens tombent malades, nous devons juste respecter ces mesures », estime Daniel Sanou. Son ami Mahamadi Ouédraogo partage son avis mais relativise : « on peut aussi rester à la maison et tomber malade ».

A côté d’eux, un autre groupe de trois personnes échangent également autour de quelques bouteilles de bières et de sucreries. Pour ceux-ci, la décision est exagérée. « Je pense que la décision est précipitée. Je ne vois pas encore l’ampleur de cette maladie pour qu’on décrète un couvre-feu. C’est souvent à partir de 18 heures que certains commencent vraiment à travailler. En plus, n’oubliez pas que nous sommes en période de chaleur. C’est difficile de rester à maison », déplore Souleymane Ouédraogo. Pour lui, le couvre-feu aurait dû être insaturé à partir de 21 heures. Pour lui, s’il s’agit d’éviter les contacts, il ne sert pas à grand-chose d’instaurer le couvre-feu uniquement la nuit alors que les gens restent en contact pendant la journée.

En plus du couvre-feu, Roch Kaboré a décidé entre autres de la fermeture des aéroports de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso aux vols commerciaux pour une durée de deux semaines, la fermeture des frontières terrestres et ferroviaire pour la même période sauf le fret, la suspension immédiate des opérations de délivrance de carte d’identité burkinabè et de l’enrôlement biométrique etc.

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