A quelques heures du coup d’envoi du match Burkina # Côte d’Ivoire, l’ambiance est timide chez les supporters à Ouagadougou. Certains se gardent de tout pronostic même si les cœurs battent à l’unisson pour le Onze national. D’autres exhortent les joueurs à se considérer comme des volontaires pour la défense de la patrie, en mission à Marrakech au Maroc.
Aux abords du marché de Baskuy, au nord de Ouagadougou, Wilfried Millogo vient de garer sa moto brusquement. Aussitôt descendu de sa monture, il discute du prix du drapeau du Burkina. « Je suis transporteur, je veux attacher le drapeau à mon bus pour aller à Dédougou. C’est de là-bas que je vais suivre le match », explique le supporter qui se dit confiant de la victoire des Étalons du Burkina face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire dans ce match des 8ᵉˢ de finale.

Mais Wilfried se garde de tout pronostic. « En tant que supporter, donner le pronostic sera difficile, on espère qu’on va gagner. On espère et on souhaite que la chance soit de notre côté. On a confiance en notre équipe », dit-il.
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Mahamadi Ilboudo dit Sergent, lui est commerçant des produits dérivés des couleurs nationales. Drapeaux de toutes les tailles, maillots, et autres gadgets. Lui aussi dit ne pas vouloir donner de pronostic. « Je ne vais pas donner de pronostic, mais on va prier Dieu pour avoir le gain du match. Peu importe la manière, je suis confiant », avance-t-il, au milieu des sons sporadiques mais stridents de vuvuzelas.
Par contre, il reconnaît que l’effervescence n’est pas au grand rendez-vous chez les supporters. « Le marché est un peu timide. Les gens aiment le football, mais les supporters se manifestent souvent à la dernière minute. Si on gagne ce soir, vous n’allez pas reconnaître la ville. Ça sera chaud », espère-t-il.
« 5 à 0 en faveur du Burkina », ose pour sa part Saoudatou Kaboré en pouffant de rire. Vendeuse de gadgets aux couleurs nationales à Gaoua, la supportrice de passage à Ouaga est venue acheter son maillot pour supporter le onze national.
Comme des VDP
Abdoulaye Oubda, fervent supporter lui aussi, prévient les Étalons, comme s’ils l’entendaient : « On ne veut pas de découragement. » Il croit en une victoire des Étalons par 2 buts à 1. Mais à une condition. «Vraiment tout est dans le jeu des Étalons. Leur football ne nous convainc pas, nous, supporters, jusqu’à présent.

Il faut qu’ils se réveillent maintenant, sinon ce n’est pas bien. S’ils mouillent le maillot, les supporters vont avoir le courage de supporter. Même si à la fin on n’a pas eu la victoire, au moins tout le monde voit que vous avez bien joué. Et nous, commerçants aussi, tirons profit dans les ventes », poursuit Abdoulaye.
Selon lui, le déclic dans les affaires dépendra de l’issue du match de ce soir. En cas de victoire des Étalons, les gadgets vont s’arracher comme des petits pains. En le disant, il repense à la chevauchée des Étalons à la CAN 2013 quand ils avaient joué la finale.
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« En 2013, de 200 F, le petit drapeau est passé à 500. Le maillot qui était vendu à 5000, entretemps, nous l’avons cédé à 7500 F CFA et même à 10 000 F et même que cela n’a pas suffi », se rappelle-t-il, en souhaitant que cette année encore les poulains de Brama Traoré aillent en finale et cette fois remportent la coupe. Un double gain en perspective pour le commerçant supporter.
Selon Mahamadi Ilboudo, c’est avec du cœur que les Étalons du Burkina viendront à bout des Éléphants de Côte d’Ivoire. Et pour ce faire, il a sa petite idée. «Si j’étais l’entraineur, j’allais appeler tous les jours pour les asseoir. Ceux qui veulent vraiment se battre lèvent la main. Ils doivent être comme des volontaires pour la défense de la patrie. On a besoin de joueurs qui jouent avec du cœur. Actuellement on a de bons joueurs, il reste que c’est le classement et le cœur que les enfants vont mettre sur le terrain qui vont faire la différence », clame le « sergent » avec conviction.
À Ouagadougou, l’enthousiasme reste contenu, les drapeaux encore rangés et les vuvuzelas presque silencieux. Mais à mesure que l’heure du coup d’envoi approche, 19h heure locale, les regards se tournent vers Marrakech.
Tiga Cheick Sawadogo
Moumouni Sawadogo
